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vendredi 2 septembre 2011

JOSEPH NICEPHORE NIEPCE


Joseph Nicéphore Niépce, né à Chalon-sur-Saône le 7 mars 1765 et mort à Saint-Loup-de-Varennes le 5 juillet 1833, fut un pionnier de la photographie et l'auteur du tout premier cliché.

Le Point de vue du Gras est la première photographie permanente réussie connue, créée par Nicéphore Niépce en 1826 ou 1827 à Saint-Loup-de-Varennes.



Joseph Nicéphore Niépce voit le jour sous le règne de Louis XV, le 7 mars 1765 à Chalon-sur-Saône en Bourgogne, dans ce qu'il est convenu d'appeler une « bonne famille ». Son père est avocat et gérant de biens, conseiller du Roi ; sa mère est la fille d'un célèbre avocat. Très aisée, la famille possède des propriétés dispersées autour de Chalon-sur-Saône lui procurant des revenus élevés.
De 1780 à 1788, ses études aux collèges des Oratoriens à Chalon-sur-Saône, Angers et Troyes font entrevoir pour Joseph une carrière ecclésiastique ; mais il semble que la vocation du jeune homme se soit émoussée. Il renonce à la prêtrise et s'engage dans l'armée révolutionnaire en 1792. Il s'installe à Nice et s'y marie avec Agnés Roméro qui met au monde Isidore en 1796.
Dix ans plus tard, il est de retour en Bourgogne. À trente-six ans, Niépce retrouve donc sa terre natale, sa mère, sa sœur et ses deux frères, Claude, l'aîné, et Bernard. Les années suivantes sont consacrées à la mise en valeur de ses propriétés et à ses inventions : le « pyréolophore » (sorte de moteur marin à explosion) qui, bien que jamais commercialisé apporte une notoriété nationale à ses talents d'inventeur, partagée avec Claude. Il y a également un projet de machine hydraulique de Marly, la culture du pastel dont le développement est favorisé par le blocus continental.
Tous ces travaux, l'état de guerre permanent (nous sommes maintenant sous le premier Empire), le renchérissement de toutes choses amènent leur cortège de difficultés financières et Niépce contracte le premier d'une longue série d'emprunts.
1816 est l'année des premières recherches « héliographiques », menées conjointement à celles du pyréolophore. Fin 1817, Claude part en Angleterre tenter de vendre leur moteur et continuer ses propres travaux sur le « mouvement perpétuel ». La correspondance des deux frères durant les onze années suivantes sera un véritable almanach de l'avancement des recherches et des premiers succès photographiques. En 1824, enfin, Nicéphore peut écrire à son frère : « La réussite est complète ».
Hélas la situation de la famille est catastrophique : les dettes s'élèvent à 1 800 000 francs (équivalent 1987) et on songe sérieusement à vendre des propriétés pour rembourser des créanciers devenus impatients.
L'année suivante, Niépce lie ses premières relations avec le graveur Lemaître et l'ingénieur-opticien Vincent Chevalier, de Paris. C'est grâce à ce dernier que Daguerre écrit une première lettre à Niépce en 1826. Les contacts entre les deux hommes sont peu fréquents : Niépce est assez méfiant, Daguerre plutôt pressant. Nicéphore envoie avec parcimonie des échantillons (parfois tronqués) de ses réussites tandis que Daguerre, lui, n'envoie que des promesses…


1827 est une année décisive. Bien que miné par des difficultés de tous ordres, Niépce prend conscience du degré d'achèvement de son invention et cherche des contacts pour la faire reconnaître et la perfectionner. Claude tombe toutefois gravement malade et il faut partir pour l'Angleterre où la situation est là aussi calamiteuse : épuisé par ses recherches, n'ayant pas réussi à négocier le pyréolophore, Claude sombre dans la démence et meurt peu après. Lors de leur passage à Paris, Niépce et sa femme nouent des relations avec des scientifiques, mais sans suite. Mêmes résultats en Angleterre malgré de flatteuses rencontres avec des membres de la Royal Academy.
Début 1828, retour à Chalon-sur-Saône : Daguerre se montre de plus en plus désireux de connaître de nouveaux résultats. Le premier projet d'association entre Niépce et Daguerre voit le jour en octobre 1829. Le but de l'association est de commercialiser les fruits de la nouvelle découverte, à parts égales. Niépce apporte son invention, Daguerre ses relations et son « industrie ». Au cours des années suivantes, la collaboration devient plus étroite : une correspondance s'établit entre Chalon-sur-Saône et Paris. On use même, pour préserver le secret, d'un code chiffré désignant les éléments utilisés (13=la chambre noire, 56=le Soleil, 5=le bitume de Judée, etc.). Ce code compte jusqu'à cent une références ! Les lettres échangées montrent que Daguerre est surtout préoccupé de la gestion de son « diorama » et que les recherches sont essentiellement le fait de Niépce (bien que Daguerre parle de « nos » recherches).

En 1832 enfin, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents ; il est toutefois à noter — et cela n'est pas sans importance — que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais. Mais les choses avancent. Début 1833, cependant, Daguerre, malade, suggère la remise à plus tard de certains essais.
Le 5 juillet 1833 à sept heures du soir, Nicéphore Niépce meurt subitement à Saint-Loup-de-Varennes. Il repose au cimetière de Saint-Loup-de-Varennes.
De nos jours, un lycée, le musée de la photographie et le pôle de développement, de soutien et d’accompagnement de la filière image et son (Nicéphore Cité) de Chalon-sur-Saône portent son nom. Depuis 1955, l'association « Gens d'images » décerne à un photographe français ou résidant en France depuis plus de trois ans, le Prix Niépce, qui compte parmi ses premiers lauréats Jean Dieuzaide, Robert Doisneau ou Jeanloup Sieff.



mardi 30 août 2011

GEORGE EASTMAN


George Eastman est un industriel américain né à Waterville, dans l'État de New York le 12 juillet 1854 et mort à Rochester, NY le 14 mars 1932.


Après avoir rapidement travaillé dans le secteur des assurances et de la banque, Eastman a perfectionné la fabrication des plaques photographiques sèches1 (en 1880) et s'est lancé dans leur fabrication industrielle. En 1888, il lança sur le marché le premier appareil photographique de sa conception sous la marque Kodak, terme qu'il créa pour la circonstance. Il cherchait un mot simple, frappant, prononçable en toutes les langues.
Le « Kodak » était un appareil portable à la main, très simple, chargé d'un rouleau de négatif papier pour 100 vues. L'utilisateur devait le renvoyer au fabricant après avoir épuisé ses 100 vues, et il le recevait en retour, chargé d'un nouveau rouleau de négatifs et accompagné des tirages des photos précédentes. Le slogan resté célèbre de la Eastman Dry Plates and Film Company était alors: « You press the button, we do the rest. » (« Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste »).
En 1889, Eastman commencera la fabrication de la pellicule ensemble avec George Alfred Blair en Angleterre, le film sur base transparente étant l'invention de Hannibal Goodwin (1822—1900).
En 1892, Eastman réorganise sa société en Eastman Kodak Company, et en 1900 il met sur le marché le « Brownie », appareil destiné aux enfants et vendu 1 dollar.
Le succès de Eastman Kodak fut considérable et, en 1927, il détiendra pratiquement le monopole de l'industrie photographique aux USA.
Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».
Mécénat et politique sociale[modifier]

Eastman se sépara de la moitié de sa fortune en 1924. Ses dons atteignirent le montant total de 75 millions de dollars dont les principaux bénéficiaires furent l'Université de Rochester et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston.
Il fonda à Paris l'Institut dentaire George-Eastman.
Il fut également un des premiers industriels à distribuer une partie de ses bénéfices à ses employés sous forme de primes de rendement.
Sa maison, la George Eastman House est maintenant un centre d'archives et un musée de la photographie de réputation mondiale.
Ironiquement, Eastman détestait qu'on le prenne en photo.

lundi 29 août 2011

LEE FRIEDLANDER



Lee Friedlander
NAISSANCE EN 1934 (ABERDEEN - WASHINGTON - U.S.A.)

Il devient, très jeune, photographe freelance pour des magazines, mais son ambition photographique est tout autre. C'est grâce à la bourse Guggenheim qu'il pourra entamer sa carrière de photographe artistique. Et toute sa vie il vivra de bourses et de ventes de tirages, ce qui lui permet de réaliser ses travaux personnels, sans aucun but mercantile. Sa première exposition est montée à la George Eastman House, à Rodchester en 1963. Il photographie les rues, la ville moderne en mélangeant toutes sortes d'éléments, des panneaux, des poteaux, des vitrines, et la présence dans un cadre de ces éléments donne une certaine confusion (voulue) à ces images. Il réalise également une série sur la végétation des villes et sur les « Public Relations », photographies au flash des gens de la haute société américaine. Son dernier livre consacre un travail sur les déserts, « The Desert Seen ».
L'importance de Lee Friedlander dans l'histoire de la photographie américaine est incontestable. Il incarne à la fois la modernité, tout ce qu'il y a de meilleur dans la photo des États-Unis de l'époque, mais aussi la grande tradition documentaire. C'est également un grand puriste de la photographie : il n'utilise que des éléments spécifiques à la photo - cadrage, netteté, flash... et n'empreinte rien à d'autres média.
Toute sa vie il travaille avec un Leica et un 35mm. Ce n'est que dans ses travaux les plus récents qu'il utilise le format carré.
Rétrospective Lee Friedlander, du 19 septembre au 31 décembre 2006 au Jeu de Paume à Paris

WILLIAM EGGLESTON



William Eggleston
NAISSANCE EN 1939 (MEMPHIS (U.S.A))

Eggleston est consacré en 1976, lorsque le MOMA expose ses images. L'événement est considérable car il marque la reconnaissance de la photographie en couleurs dans le domaine artistique. On peut même considérer Eggleston comme l'un des premiers à avoir su utiliser la photographie couleur à des fins artistiques. Sa technique de prédilection, le Dye Transfer, crée des couleurs saturées, presque surnaturelles.
Contemporain de Robert Frank et de Garry Winogrand, photographes dont le propos est souvent proche du sien, il compose ses images sans souci des règles traditionnelles. Il photographie tout, naturellement, et produit des images presque banales, mais remplies d'une poésie du vide et de la mélancolie.

HENRI CARTIER BRESSON



Henri Cartier-Bresson
NAISSANCE EN 1908 (CHANTELOUP, SEINE-ET-MARNE)

« En fin de compte, la photo en soi ne m´intéresse absolument pas. La seule chose que je veux, c´est retenir une fraction de seconde de réalité ». Pour Cartier-Bresson, l'image naît d'un instant, sous l'œil attentif du photographe qui déclenche spontanément. Légende vivante de la photographie, il témoigne de l'histoire d'un siècle au travers d'images prises sur le vif, instinctives et parfois prémonitoires.
Aîné de cinq enfants, d'une famille d'industriels fortunés, il s'intéresse très vite à l'art et à ses diverses formes d'expression. Il apprend la peinture auprès d'André Lhote, un cubiste, et se passionne pour le mouvement surréaliste. C'est en Côte d'Ivoire qu'il fera ses premières photographies. De retour de ce voyage périlleux d'un an, il revient en Europe et décide de se consacrer à la photographie.
Cartier-Bresson ne cessera alors de voyager, de rassasier son œil au travers de reportages, à New York en 1931 ou au Mexique en 1933. Les années suivantes, il se consacre au cinéma, initié par Paul Strand. Il assiste entre autres Jean Renoir (sur le tournage d'Une Partie de Campagne) et Jacques Becker.
Pendant la guerre, il est fait prisonnier par les Allemands, mais s'évade trois ans plus tard, et reprend son travail photographique, engagé dans la Résistance. C'est également à cette époque qu'il réalise quelques portraits d'artistes : Braque, Matisse, Rouault passent devant son objectif.
La Libération de 1945 sera l'occasion de réaliser un documentaire sur le rapatriement des prisonniers de guerre et des déportés, Le Retour.
L'année 1947 marque la naissance de la célèbre agence Magnum, fondé par Cartier-Bresson, Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger.
Il voyage ensuite pendant plus de trois ans en Orient, photographie Gandhi avant sa mort, traverse la République Populaire de Chine et témoigne des événements lors de l'indépendance de l'Indonésie.
Son retour en Europe, en 1952, est marqué par la publication de son premier livre, Images à la Sauvette. En 1954 s'initie sa longue collaboration avec l'éditeur Robert Delpire, avec lequel il publie Danses à Bali.
Il continue ses voyages (en URSS, en Chine, au Mexique puis au Japon et en Inde) expose ses images et publie plusieurs autres livres. En 1966, il s'éloigne de Magnum, qui conserve néanmoins l'exploitation de ses archives.
Sa carrière de photographe reporter s'achève en 1974; il décide alors de revenir à ses premières passions, le dessin et la peinture, et laisse de côté son Leica. A cette date s'arrête sa production photographique, mais sa notoriété persévère et il reçoit plusieurs prix en hommage à son œuvre. En 2003 est créée la fondation Henri Cartier-Bresson, destinée à rassembler son œuvre et à créer un espace d'exposition ouvert à d'autres artistes.

SOPHIE CALLE



Sophie Calle
NAISSANCE EN 1953 (PARIS)

Artiste, photographe, écrivain, Sophie Calle fait partie des ces artistes qui utilisent la photographie comme pilier d'une narration de l'intime. Elle aime se raconter, et raconter la vie des autres : Hervé Guibert lui consacra l'expression « Faiseuse d'histoires ». Chacune de ses œuvres confronte images, textes ou objets; l'omniprésence de ce récit (souvent sous la forme d'un compte rendu simple et objectif, exempt d'argumentation ou d'analyse) introduit les photographies comme autant d'indices, de preuves ou de métaphores associés à l'histoire. L'œuvre de Sophie Calle vibre à travers les mystères qu'elle nous suggère.
Au début des années soixante-dix, anonyme, elle entreprend un long périple à travers le monde : la Grèce, le Liban, le Mexique, le Guatemala… De retour à Paris en 1979, puis à Venise, elle amorce un travail photographique sur les filatures (des photos de passants, prises à la volée). Fascinée par l'expérience, elle aimerait à son tour être suivie; elle demande à sa mère en avril 1981 d'engager un détective privé. « Je suis entrée dans la vie de M. X détective ». De cette expérience, elle dresse son autoportrait d'un jour, à double tranchant.
A cette même époque, elle invite des inconnus à dormir quelques heures dans son lit (Les Dormeurs). Plus tard, on la retrouve coiffée d'une perruque blonde, s'essayant au strip-tease sur les planches d'une baraque foraine à Pigalle; désormais, son attrait pour les situations dangereuses et délibérément perverses est reconnu. En tant que femme de ménage, elle investit les chambres d'hôtel et imagine des scenarii autour de photographies des effets personnels des occupants.
Singulier et solitaire, impudique et dérangeant, le travail de Sophie Calle échappe à tous les classements.

WERNER BISCHOF


Werner Bischof (26 avril 1916, Zurich - 16 mai 1954) est un photographe et photojournaliste suisse, un des premiers photographe de l'agence Magnum.
Son père gère une entreprise qui fabrique des produits pharmaceutiques.
Biographie[modifier]

En 1931, il entre à l'École normale de Schiers et l'année d'après s'inscrit à l'École des arts et métiers de Zurich au cours de photographie où il choisit principalement comme sujet : les coquillages et les végétaux.
En 1936, après ses études et son service militaire, il ouvre son atelier de photographie et de dessin publicitaire à Zurich.
Il contribue en 1939 à l'installation de l'Exposition nationale suisse (au pavillon des arts graphiques). Il s'installe dans un atelier à Paris pour faire de la peinture mais est mobilisé pendant deux ans à la guerre. Werner Bischof commence à faire des reportages et réalise L'Invalide en 1944 sur le thème du Cirque. Il se décide ensuite à partir faire avec un ami un grand reportage sur les ravages de la guerre dans les pays (Allemagne, France, Hollande).
Il va à l'étranger (Italie, Grèce, Autriche, Europe de l'Est…) car il passe son temps à aider "Don Suisse" (organisation de secours internationale) et continue ses reportages. Il rejoint l'agence Magnum en 1949. Il voyage aussi en Italie, en Sardaigne et en Islande. Il couvre l'important évènement de la famine en Inde (1951) et il publie son reportage dans Life qui le rend célèbre.
Il découvre le Japon, la Corée du Sud qu'il appréciera et y approfondira ainsi son style artistique puis il devient correspondant de guerre en Indochine pour Paris Match.

LIEN POUR LA GALERIE :http://www.junglekey.fr/search.php?query=Werner%20Bischof&type=image&strictlang=1&lang=fr&region=fr&img=1&adv=1

RICHARD AVEDON



Richard Avedon
NAISSANCE EN 1923 (NEW YORK - U.S.A)
MORT EN 2004 (SAN ANTONIO (TEXAS) - U.S.A)

Les photographies de Richard Avedon marque un changement important dans l'histoire de la photographie de mode : il rompt avec l'univers des studios et emmène ses modèles dans les rues de Paris, les cafés. Il Sa photo de mode la plus célèbre est Dovima with Elephants, une élégante mannequin entourée par deux mastodontes.
Mondialement connu pour ses photographies de mode, Richard Avedon est aussi portraitiste. C'est à l'âge de 10 ans qu'Avedon trouve son premier modèle, en la personne de Sergueï Rachmaninov, célèbre compositeur russe et aussi voisin de palier des grand-parents du photographe. Plus tard il immortalisera de nombreuses célébrités et artistes, parmi lesquels Marilyn Monroe, Charlie Chaplin, Sophia Loren, Audrey Hepburn, Alfred Hitchcock, Jean Renoir, Robert Mitchum, Louis Armstrong, Bob Dylan, les Beatles, Janis Joplin, Maria Callas, Tina Turner, Eisenhower, Truman Capote, Aldous Huxley, William Burroughs, Marcel Duchamp, Picasso...
Il travaille pendant de nombreuses années avec Alexey Brodovitch, le directeur artistique de Harper's Bazaar. Il y fait publier pour la première fois dans un magazine américain le portrait d'une femme noire.
Il ouvre son propre studio de mode en 1946 et fournit des magazines comme Vogue ou Life. Son succès grandissant, il invite de nombreuses personnalités dans son studio et réalise des portraits en grand format (8X10"). Le style d'Avedon, épuré et minimaliste, se distingue dans ces portraits intimistes.
La parution en 1959 de son livre Observations, recueil de photographies accompagnées de textes de l'écrivain Truman Capote, a un retentissement important.
Après près de vingt ans de collaboration, Avedon quitte le magazine Harper's Bazaar et rejoint Vogue.
En 1974, il fait scandale avec des photographies de son père agonisant, auquel il essaya d'arracher des mimiques qu'il avait connues de son vivant.
Avedon s'est également fait connaître par ses tirages grand format, parfois d'un mètre de haut ou plus. A partir de 1979 et jusqu'en 1985, il réalise une série de portraits d'américains : ces tirages monumentaux (des gueules de mineurs, cow-boys, adolescents, photographiés en studio sur fond blanc) sont exposés lors d'une exposition itinérante In the American West, mal accueillie par le public mais qui marquera l'histoire de la photographie. A voir :http://www.youtube.com/watch?v=QZOR-RZ2Xww&feature=player_embedded

DIANE ARBUS


Diane Arbus, de son vrai nom Diane Nemerov (14 mars 1923, New York - 26 juillet 1971, New York), est une photographe américaine. Le poète Howard Nemerov était son frère.


Née le 14 mars 1923 à New York, Diane Nemerov rencontre son futur mari, Allan Arbus, à l'âge de 14 ans. Celui-ci apprend la photographie lors de son service militaire et ils ouvrent ensemble un magasin de photo de mode après la Seconde Guerre mondiale. En réalité, c'est Allan qui prend les photos, Diane tient le rôle de styliste et démarche auprès des agences. Ses premières photos personnelles ne datent que de 1957 environ. Elle s'extrait peu à peu du duo qu'elle formait avec son mari au profit de son inspiration. Le couple se sépare en 1960. Elle étudie alors la photographie à la New School de New York avec Marvin Israel et Richard Avedon et rencontre par la suite Lisette Model.
Diane Arbus s'inscrit dans un courant photographique qu'avait inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui avait imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930. Mais c'est après 1962, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24x36 pour le format carré du 6x6 qu'elle impose son style propre. En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste galerie de portraits d'Américains, pour la plupart inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société.
Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des handicapés mentaux, des jumeaux, des personnes de petite taille, etc. En mélangeant le familier avec le bizarre, Diane Arbus dresse un portrait troublant de l'Amérique des années soixante.
En 1967, elle participe à l'exposition « New Documents » qui se tient au Musée d'art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand. Là encore, son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre, se distinguant du reportage.
Dépressive, elle se donne la mort le 26 juillet 1971 à Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s'ouvrant les veines.
Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l'idée que la photographie est un art à part entière. Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres.
Diane Arbus est la mère de Doon et Amy Arbus.

Expositions et film

En 2003, le MoMA de San Francisco accueille l'exposition "Diane Arbus Revelations" qui voyagera à travers l'Europe (Essen, Londres et Barcelone) courant 2006. Avec plus de 200 photographies dont certaines jamais exposées, cette rétrospective est la plus complète qui ait jamais été consacrée à Diane Arbus. Le catalogue de l'exposition, extrêmement précis, est disponible en version américaine, édité sous la direction de Doon Arbus, fille aînée de la photographe. L'ensemble des photographies y sont reproduites et commentées par Sandra S. Phillips.
En 2006, le réalisateur Steven Shainberg a porté à l'écran Diane Arbus dans le film Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus (interprétée par Nicole Kidman).
Du 6 décembre 2008 au 7 février 2009, Pierre Leguillon propose une exposition intitulée « Diane Arbus: rétrospective imprimée, 1960-1971 » à la Kadist Art Foundation de Paris. Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, la Galerie nationale du Jeu de Paume présentera une exposition de plus de 200 clichés sur le site Concorde.

ROBERT DOISNEAU


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Robert Doisneau
NAISSANCE EN 1913 (GENTILLY - FRANCE)
MORT EN 1994 (MONTROUGE - FRANCE)

Robert Doisneau, prolifique représentant du courant de la photographie humaniste, se définissait comme un « pêcheur d'images ». Influencé par l'œuvre d'André Kertesz et d'Eugène Atget, il photographie l'anecdote inattendue, la petite histoire. Ses photographies noir et blanc des rues de Paris d'après guerre et de sa banlieue lui offrent une renommée mondiale.
Célèbre pour ses clichés d'écoliers et de passants, comme le couple s'échangeant Le Baiser de l'hôtel de Ville, son œuvre est cependant beaucoup plus vaste, de la photographie documentaire à la photographie de mode.
Après des études d'arts graphiques à l'école Estienne, il est formé à la photographie par André Vigneau. Il voyait en elle le medium idéal qui allait lui permettre de fixer, pendant ses promenades dans Paris, la vie de la ville.
De 1934 à 1939 il est photographe industriel aux usines Renault à Billancourt.
Après guerre il devient photographe indépendant pour l'agence Rapho.
En 1947, sa rencontre avec Robert Giraud marque le début d'une longue amitié.
Robert Doisneau publiera une trentaine d'albums dont La Banlieue de Paris en 1949, avec des textes de Blaise Cendrars.
De 1949 à 1952, il travaille pour le magazine Vogue. Cette collaboration lui ouvre les portes de la jet-set, milieu qu'il affectionne peu, et lui offre aussi l'occasion d'un portrait d'Orson Welles. Doisneau a également immortalisé Giacometti, Fernand Léger, Picasso, Georges Braque…
En 1951 il est l'un des cinq photographes français exposé au MoMA, aux côtés de Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Izis et Brassaï.
Son travail photographique a été récompensé à de nombreuses reprises : le prix Kodak en 1947, le prix Niépce en 1956, le Grand Prix National de la Photographie en 1983, le Prix Balzac en 1986. En 1992, une rétrospective lui est consacré au Musée d'art moderne d'Oxford.
Les films Le Paris de Robert Doisneau (François Porcile, 1973) et Bonjour monsieur Doisneau (Sabine Azéma, 1992) lui rendent hommage.