lundi 29 août 2011

DEVELOPPEMENT D'UN FILM N/B


Le développement d'un film noir et blanc est une étape dans la chaîne de la création d'une photo argentique noir et blanc qui permet de rendre utilisable un film après la prise de vue, c'est-à-dire :
Les images négatives sont visibles et non plus latentes
Le film n'est plus sensible à la lumière
Le support ne contient aucun produit chimique qui le détériorerait dans le temps.
Cette technique de développement est le procédé le plus ancien et le plus facile à mettre en œuvre. De lui découlent les deux autres procédés permettant d'obtenir une photo (Développement d'un film négatif couleur, Traitement E-6).
L'étape suivante (et finale) de la chaîne de création d'une photographie noir et blanc est le tirage photographique.



La première étape consiste à transférer la pellicule sur une spire métallique ou plastique. Cette étape doit se faire dans le noir total et la spire doit être insérée dans la cuve. Une fois la cuve fermée et étanche à la lumière, les trois étapes suivantes sont faites à la lumière.
Il faut au préalable couper l'amorce de la pellicule pour pouvoir l'insérer plus aisément dans la spire. Il est aussi conseillé de tailler les coins pour les arrondir. Il sera plus facile de faire pénétrer le film dans la spire.

Astuces pratiques :
S'entraîner d'abord avec un film usagé et non développé, insérer une pellicule dans une spire les yeux fermés ou dans le noir n'est vraiment pas évident. Une fois le film sorti de sa boîte, il sera impossible de rallumer la lumière, sous peine de le détériorer.
On peut également extraire le film en utilisant une bande Dymo (@DYMO) autocollante, que l'on introduit dans la cassette par les lèvres. Il est ensuite possible d'extraire le film et de l'enrouler à nouveau si des difficultés se présentent lors des manipulations.
En cas de problème lors de la mise en spire du film, on peut également placer le film enroulé entier dans la cuvette sans sa spire, puis refermer la cuvette, toujours dans le noir complet. On peut ensuite s'entraîner de nouveau et vérifier que la spire ne présente pas de problème tels bille bloquée, spire pas parfaitement sèche. Enfin, recommencer la mise en spire dans le noir total.

Le révélateur
C'est le produit qui permet le développement.
Le film est plongé dans une solution réductrice basique, dans le noir total, pendant une durée déterminée selon le film (sensibilité, marque-modèle) et le type de révélateur utilisé (marque, concentration,...) ainsi que la température (18 °C, 20 °C,...) et l'agitation. Les sels d'argent (généralement du bromure d'argent AgBr) sont réduits par le révélateur et se transforment en argent métallique visible qui va former l'image négative. Le film est alors lavé à l'eau pour retirer les traces de révélateur (si aucun bain d'arrêt n'est utilisé).

Le bain d'arrêt
C'est la partie du traitement qui permet de stopper l'action du révélateur et de préserver le fixateur.
Lorsqu'on traite le film en cuve, cette étape permet de stopper le développement mis en action par le révélateur. Le produit utilisé est généralement de l'eau additionnée d'acide acétique (ou du vinaigre blanc). Cette étape a généralement une durée de 30 secondes à la même température que le révélateur.
Il est recommandé d'utiliser un bain d'arrêt d'un pH de 3,5 à 5,5. Le contrôle peut se faire au moyen de papiers test ou d'un pH-mètre.
Dosage de la composition du bain d'arrêt :
1 à 2 cuillère(s) à soupe de vinaigre blanc pour environ 1 litre d'eau à 20 °C.
Si on met trop de vinaigre, celui-ci détruira le négatif. S'il n'y en a pas assez, le fixage sera mauvais. Pour remédier à ces inconvénients, on peut acheter de l'acide acétique en droguerie.

Le fixateur
Article détaillé : Fixateur.
C'est le bain qui permet de stabiliser l'image négative.
Avant le lavage, le film est plongé dans un bain dont l'agent actif est un thiosulfate (ancien nom : hyposulfite) qui a pour rôle de dissoudre les sels d'argent non développés. Pour cette étape, le film n'a plus besoin de rester dans le noir (au moins à la fin du traitement). Le fixateur peut contenir des agents tannants (formol...) pour durcir la gélatine. Après lavage et séchage le film est prêt à être tiré.
Le produit de fixage utilisé ici est beaucoup plus concentré que celui qui est utilisé pour le tirage du papier. Il est fortement déconseillé d'utiliser la même préparation pour les deux usages.

Le lavage
En plus d'un lavage énergique, peuvent s'ajouter l'aide lavage et l'agent mouillant. L'aide lavage permet de raccourcir le temps de lavage du film sous l'eau courante, évitant ainsi le gaspillage de l'eau. L'agent mouillant permet d'éviter toute trace de résidus calcaires présents dans l'eau courante. Utiliser de l'eau distillée pour cette étape est inutile.
Le lavage est une étape souvent négligée mais qui conditionne la tenue dans le temps du film ; les traces de fixateur restant dans le film continuent à agir et peuvent à terme détruire l'image sur le film.
Lorsque l'eau de distribution est dure (calcaire), il est recommandé de terminer par un rinçage à l'eau déminéralisée additionnée d'agent mouillant de façon à éviter les traces de calcaire lors du séchage du film. De même, l'usage de l'eau déminéralisée est recommandé pour la préparation des bains d'arrêt et de fixage ainsi que pour le mouillage du film avant développement. Le révélateur peut être préparé avec de l'eau de distribution si on utilise une préparation à « bain perdu », c'est-à-dire une solution à utilisation unique.